lundi 18 juillet 2011

Fauteuil volant AMU


LE FAUTEUIL VOLANT AMERICAIN AMU

Différent, l'objectif de Gemini-9 est particulièrement ambitieux. Il s'inscrit dans la perspective du futur travail de l'homme, monteur de stations orbitales. Un système propulsif intégral a été créé: il constitue le fauteuil volant AMU "AMU Astronaut Manoeuvering Unit". Lors du vol GT8, l'équipage embarque le Extravehicular Support Package, ESP, un fauteuil spatial de taille similaire au AMU. Contrairement au AMU, il n'a pas de poignet de contrôle, il n'est qu'un simple réservoir rempli de fréon 14.

L'AMU est en fait un moteur muni de 12 éjecteurs périphériques, assemblé dans un bloc de 47 x 55 x 80 cm. Il ressemble au système de contrôle d'attitude de Gemini. Grâce à deux poignés au bout de bras fixes, l'astronaute peut commander toutes sortes de mouvements. Une réserve d'oxygène permet d'alimenter son scaphandre, la stabilisation est assurer par une unité gyroscopique et un système de communication permet de parler avec l'astronaute resté à bord. Un système de télémesure assure la transmission de données sur l'état de santé de l'astronaute. Des lumières et un avertisseur sonore complètent cet équipement.

D'une masse de 75 kg terrestre (15 de structure, 28 de propulsion, 9 de batteries, 12 d'oxygène et 4,5 pour les communications), il permet des mouvements selon deux axes (haut, bas, avant et arrière) grâce à 12 mini-tuyères expulsant de l'oxygène gazeux.

Ce AMU ne pourra être utilisé dans des conditions satisfaisantes, Cernan ayant eu du mal à l'endosser, un des bras ne s'étant pas déplié correctement. De plus il doit fournir tellement d'effort que sa visière s'embue et les mauvaises communications avec Stafford  n'arrange pas les choses. La sortie est écourtée, mais l'expérience ne sera pas renouvelé.










Une nouvelle méthode de simulation est mis en oeuvre au sol. Pour simuler les EVA, les astronautes s'entraînaient dans un avion de la NASA le "Vomit jet", un KC 135 qui réalise des paraboles dans le ciel pour 20 secondes d'apesanteur. En juin 1966, la NASA demande une étude pour une piscine destinée à entrainer les astronautes (Neutral G underwater). Quelques astronautes sont impliqués et jugent la chose positive. Plus important, Cerna, simulant sa sortie ratée, rapporte que c'est plus facile que dans la réalité ! Collins n'a pas le temps d'utiliser la piscine avant son vol, mais Aldrin l'utilisera pour GT12. La première piscine est installée dans une école à Baltimore. Une plus grande est construite au centre Marshall en 1968 dans le bâtiment 4705. Ce Neutral Buoyancy Simulator (NBS) est en acier soudé et résine polyester, il mesure 23 m de diamètre, 12 m de profondeur et contient 5 millions de litres d'eau. Le NBS de Houston prendra la relève dans le milieu des années 1970. Le NBS de Marshall sera déclaré monument historique en 1986.



Dans ce bassin sont immergés les vaisseaux Gemini et Agena et l'astronaute pourra comme lors de sa véritable mission apprendre les gestes et mieux travailler sa sortie.

A deux reprises, Michael Collins sort dans l'espace lors du vol Gemini-10, cette fois pour donner une idée précise du comportement d'un astronaute à proximité immédiate d'un vaisseau cosmique. Un incident est enregistré: la caméra de 70 mm fixée au HHMU se détache et, en dépit de ses efforts, l'astronaute ne pourra que la regarder s'éloigner dans l'espace...

Lors du vol Gemini 11, c'est Richard Gordon qui sort deux fois.
Pour ces deux vols, c'est un nouveau HHMU qui est utilisé. L'emploi d'azote assure une haute vitesse d'éjection; ainsi le temps de service a été augmenté de 12%, avec une réduction de 40% de la masse des gaz embarqués. Surtout un progrès a consisté à utiliser une nouvelle gâchette, plus longue, exigeant une force de déclenchement sensiblement moindre (2,7 kg) d'où un emploi beaucoup plus simple.
Le cordon ombilical de Gemini-10 mesurait 15 m, mais les inconvénients d'une telle dimension - notamment le volume excessif du tuyau - sont apparus, et finalement c'est à nouveau une longueur de 7,50m qui a été retenue pour le vol Gemini- 11.


Forts de ces enseignements, les Américains conçoivent les barres et mains courantes dont sera munie la cabine Gemini pour une dernière expérience qui permet de vérifier l'efficacité des mesures retenues. Lors du vol Gemini-12, aucun propulseur n'est embarqué - on entend se placer dans les conditions d'une opération. Apollo - mais ce sera le record de durée d'un homme en dehors d'une cabine avec 5 h 37 mn passées, par Aldrin, dans l'espace...

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