IL ETAIT UNE FOIS
Dans les années 1960, devant les risques politiques en Algérie, il faut pouvoir remplacer le site de lancement d'Hammaguir au Sahara par un autre site, c'est à ce moment que le CNES pense à la Guyane. En effet la Guyane a un emplacement privilégié près de l'Équateur , idéal pour le lancement de fusées. (on bénéficie de l'effet de fronde dû à la rotation de la Terre : 500m/s gratuit en supplément!).
Le centre est prêt à la fin des années 1960, et on peut y effectuer un tir de fusée Diamant avec succès.
C'est très logiquement que ce site va être attribué à la nouvelle fusée européenne.
La première Ariane (L01) fut lancée avec succès la veille de Noël 1979.
Ce fut l'aboutissement et le commencement d'une longue aventure.
Aboutissement car cela effaçait les cicatrices de la fusée Europa qui avait été mal conçue, ou plutôt conçue politiquement et non techniquement.
En effet Europa fusée européenne des années 1960 était un "joint venture" on appellerait cela comme ça maintenant, de plusieurs pays européens qui voulaient chacun une part du gâteau indépendamment de ses propres possibilités techniques. La coordination était mauvaise entre le 1er étage anglais, le 2ème français et le 3ème allemand.
Ce fut bien sûr un échec cuisant dans le désert australien. Il fallait tout reprendre à zéro.
La France ayant des succès avec sa fusée Diamant proposa de créer une nouvelle structure et d'en être le chef de file.
Ainsi naquit l'ESA (Agence Spatiale Européenne) vers les années 1973, dont les principales participations financières sont : France 60%; Allemagne 20%; Belgique 5%. C'est le CNES (Centre National d'Études Spatiales) qui est maître d'œuvre et qui doit s'occuper des opérations de lancement.
C'est notamment l'Aérospatiale (ancêtre de EADS) des Mureaux qui déjà est responsable des étages 1 et et de la coiffe, la SEPR (Vernon) se charge des moteurs et Matra des équipements, MBB et Dornier en Allemagne s'occupe du 2ème étage.
Les moteurs des étages 1 et 2 sont conventionnels, mais par contre le 3ème étage est d'un type nouveau pour les européens : à base d'Hydrogène et d'Oxygène liquides (on dit moteurs cryogéniques, les deux produits devant être stockés à très basse température), seuls les américains possèdent cette technologie qui permet des poussées énormes.
Les premiers lanceurs sont expédiés des Mureaux vers Cayenne par bateau au cours de 1978, le montage sur place peut commencer en 1979, on prépare la campagne de lancement. Le premier lancement est prévu pour Juillet, mais un lancement n'est pas un long fleuve tranquille, problèmes, explosions, etc..
Tir reporté au 15 Décembre 1979
Tout le monde croise les doigts, on pense encore à feu la fusée Europa et ses déboires, mais le compte à rebours se passe bien, 4,3,2,unité, allumage. Il y a bien allumage, les moteurs grondent, on retient son souffle, mais la fusée ….ne décolle pas!
Une erreur d'un capteur de pression a fait couper la séquence d'allumage au bout de 8 secondes.
Vidange des réservoirs et il faut organiser une nouvelle tentative.
Bref le temps passe, on aurait besoin d'un coup de pouce du Père Noël!
Elle est prévue la veille de Noël. On n'a plus beaucoup de choix, il faut réussir ce lancement, car ….il n'y a plus de H et O liquides en Guyane pour un autre essai!
Tout ceci aboutit à cette attente interminable du 24 décembre 1979.
L'équipe de lancement est à bout de nerfs, puis le cadeau du Père Noël arrive enfin, vers 18H la fusée Ariane première du nom s'élève dans le ciel, sans un seul problème, les 3 étages fonctionnent parfaitement, le satellite est mis sur orbite 15 minutes après le décollage.
C'est l'apothéose, l'Europe vit une nouvelle ère : l'ère spatiale commence pour elle, merci Ariane!
Ce premier succès a ouvert la voie à bien d'autres et a donné naissance à une famille de fusées (les spécialistes disent des lanceurs) de plus en plus puissante qui aboutit maintenant à l'Ariane 5.
La famille a évolué et la fusée a augmentée de taille et de puissance permettant maintenant de mettre des satellites de 10t sur orbite et surtout de pouvoir mettre des doubles satellites en orbite aussi, un gros plus par rapport à la concurrence.
Voici le modèle Ariane 5 Générique, hauteur totale : 52m, 745t au décollage pour une charge utile standard de 6t.
ARIANE 5 EN CHIFFRES (EADS ST = EADS Space Transportation)
Coiffe (Oerlikon Contraves)
Hauteur : 12,7 to 17 m –
Masse : de 2.027 à 2.800 kg
Diamètre utile : 4,9 m
Séparation : à environ 200 s et 110 km pour les
missions GTO (Geostationary Transfer Orbit)
SPELTRA (Structure porteuse externe pour lancements multiples Ariane) (EADS-ST)
Hauteur : de 5,5 à 7 m
Adaptateur : + 1.340 m
Masse : de 704 à 820 kg
Case à équipements (EADS-ST)
Hauteur : 1,56 m
Diamètre : 5,4 m
Masse : 1,5 tonne
ESC-A (Étage Supérieur Cryotechnique type A; deuxième étage quoi!) (EADS-ST)
Hauteur : 7.446 m
Diamètre : 5.458 m
Masse sèche : 3,3 tonnes tbc
Propergols : 12 tonnes de LOX;
2,6 tonnes de LH2
Moteur (SNECMA): HM-7B
Poussée : 65 kN
Durée de combustion : 970 s
EAP (Étage d'Accélération à Poudre) (EADS-ST)
Hauteur : 31, 9 m
Diamètre : 3 m
Masse sèche : 38,4 tonnes chacun
Propergols : 240 tonnes chacun
(perchlorate d’ammonium + polybutadiène + aluminium)
Structure : Acier, trois segments
Moteur (EUROPROPULSION): MPS avec tuyère flexible
Poussée au décollage : 6800 kN (chacun)
Durée de combustion : 141 s
Altitude séparation : entre 55 & 70 km
EPC (Étage Principal Cryogénique) (EADS-ST)
Hauteur : 30,5 m
Diamètre : 5.458 m
Masse sèche: 14 tonnes
Propulseur : 148,77 tonnes de LOX;
24,67 tonnes LH2
Structure RIE (Réservoir Isolé Équipé) (Cryospace): Aluminium 2219
Moteur (SNECMA): Vulcain Mk2
Poussée : 1350 kN
Durée combustion : environ 530 s
Description générale :
- Hauteur totale : de 45 à 55,9 m
- Diamètre maximal : 12,2 m
- Masse au décollage : 710 tonnes
- Poussée au décollage : 10.600 kN
Étage principal cryotechnique
L’Étage Principal Cryotechnique (EPC) ou étage central développé par EADS SPACE Transportation, est essentiellement constitué d’un grand réservoir en alliage d’aluminium, d’un bâti-moteur transmettant la poussée du moteur cryogénique à l’étage et d’une jupe avant, assurant la liaison avec le composite supérieur et transmettant la poussée des deux étages d’accélération à poudre.
Le réservoir est formé de deux compartiments contenant 174 tonnes d’ergols cryotechniques à très basse température. Le moteur cryotechnique, dénommé Vulcain 2, peut être dirigé suivant deux axes pour le contrôle du vol via le dispositif de commande du moteur.
Il fournit une poussée d’environ 135 tonnes.
L’étage central opère en continu pendant 530 secondes, procurant la plus grande partie de l’énergie cinétique requise pour le placement d’une charge utile en orbite. Lorsqu’il s’éteint, le lanceur se trouve à une altitude de 130 à 420 kilomètres, en fonction de la mission. Cet étage n’est pas satellisé.
Accélérateurs à poudre
Les Étages d’Accélération à Poudre (EAP), également développés par EADS SPACE Transportation en France , sont les plus gros propulseurs à poudre réalisés à ce jour en Europe, avec chacun 240 tonnes de propergol solide. Le propulseur est constitué d’une enveloppe de 7 viroles en acier et d’une tuyère à butée flexible avec possibilité d’orientation de son axe de 6° au moyen d’un groupe d’activation de tuyère. Les
propergols sont répartis en trois segments.
Chaque moteur délivre une poussée variable dans le temps d’environ 540 tonnes au décollage et d’une valeur maximale de 600 tonnes. La poussée délivrée par chaque EAP est équivalente à celle du lanceur Ariane 4 au décollage.
Les deux EAP sont allumés quelques secondes après l’allumage de l’étage principal cryotechnique, c’est-à-dire après vérification du bon fonctionnement de celui-ci.
Avec une poussée combinée de 1200 tonnes, les deux EAP assurent approximativement 90 % de la poussée au décollage et y contribuent pendant environ 140 secondes. Ils sont alors séparés de l’EPC par découpe pyrotechnique à une altitude variant de 55 à 70 km, en fonction du type de mission. Après avoir décrit une trajectoire dont le point culminant
se situe entre 80 et 140 km, ils retombent en mer sous parachutes à quelque 150 km de la base de lancement. Régulièrement, ils sont récupérés pour expertise.
Étage supérieur cryotechnique
Le tout nouvel étage supérieur cryotechnique, ESC-A, développé par EADS SPACE Transportation à Brème, permet d’assurer l’injection de la charge utile sur l’orbite visée sa séparation et son orientation. Emportant 14,4 tonnes d’ergols cryotechniques (hydrogène et oxygène liquides), cet étage fonctionne pendant environ 1000 secondes pour une mission GTO. Il reprend de nombreux éléments du troisième étage d’Ariane 4, le H-10 dont le moteur HM-7B qui délivre une poussée dans le vide de 65 tonnes. Il est également doté d’un réservoir d’hydrogène de conception complètement nouvelle et repose sur une nouvelle jupe inter-étages en fibre de carbone de 5,4 m de diamètre, réalisée par EADS Casa Espacio.
La tuyère du moteur HM-7B est activée sur deux axes pour le pilotage. Le système L’étage ESC-A utilise un système de contrôle d’attitude à gaz froid, permettant le contrôle en roulis pendant la phase propulsée ainsi que le contrôle d’attitude du composite supérieur lors du largage de la charge utile.
Case à équipements
La case à équipements, réalisée par EADS SPACE Transportation est constituée d’une structure cylindrique allégée en fibres de carbone et d'un cône supportant l’étage supérieur et l’adaptateur de charge utile. Elle abrite la plupart des équipements utilisés pour le contrôle de vol et la télémesure. Elle est également dotée de systèmes inertiels plus performants, construits autour d’un seul gyromètre 3 axes.
Structure porteuse externe pour lancement multiple (Speltra)
L’utilisation d’une SPELTRA (Structure Porteuse Externe de Lancement Ariane) permet le lancement simultané de plusieurs charges utiles. Celles-ci sont alors positionnées au lancement soit au-dessus soit à l’intérieur de la SPELTRA, suivant leurs caractéristiques géométriques et les besoins de la mission.
Système de lancement double Ariane (Sylda)
L'utilisation d'un SYLDA (Système de Lancement Double Ariane) permet également le lancement simultané de 2 charges utiles. Le SYLDA est une structure interne positionnée à l'intérieur de la coiffe, selon les caractéristiques géométriques de charges utiles et les besoins de la mission. Les satellites sont placés sur le SYLDA ou à l'intérieur.
Le SYLDA existe en différentes hauteurs, permettant d'optimiser la configuration partie haute.
Coiffe
De forme ogivale, la coiffe assure la protection de la charge utile pendant le vol atmosphérique tout en conférant au lanceur l’aérodynamique requise. La coiffe est larguée en vol environ 200 secondes après le décollage, à approximativement 110 km d’altitude. Elle est réalisée par Oerlikon Contraves, le système de séparation pyrotechnique étant réalisé par EADS SPACE Transportation. Trois modèles de coiffe sont disponibles : coiffe courte, moyenne et longue.
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| À Kourou, on équipe la fusée avec les étages à poudre , le deuxième étage et la charge. | | | | Après multiples essais et vérifications elle est prête pour le lancement. |
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Vue du moteur Vulcain monté à la base du corps central de Ariane.
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