L’accident de la navette spatiale Columbia est un accident spatial qui eut lieu le 1er février 2003 au cours de la mission STS-107 causant la destruction de la navette spatiale américaine Columbia et la perte des 7 membres de l'équipage durant la phase de rentrée atmosphérique.
La perte de Columbia est le résultat de dommages subis pendant le lancement quand un morceau de mousse isolante de la taille d'un petit porte-documents s'est détaché du réservoir externe (le réservoir principal de propergol) de la navette spatiale, sous les forces aérodynamiques du lancement.
Le débris a percuté l'aile gauche sur le bord d'attaque, endommageant le système de protection thermique de la navette Space Shuttle thermal protection system (TPS), qui protège la navette de la chaleur générée lors de la rentrée dans l'atmosphère. Lorsque Colombia était encore en orbite, certains ingénieurs ont soupçonné des dommages, mais les directeurs de la NASA ont limité les investigations au motif que peu pourrait être fait, même si des problèmes étaient découverts1.
Le comité de la NASA responsable de la sécurité de la navette a déclaré que la mousse du revêtement du réservoir externe et autres débris qui ont frappé la navette constituent des problèmes de sécurité qui doivent être résolus avant qu'un lancement soit autorisé, mais on a souvent donné le feu vert à des lancements alors que les ingénieurs avaient détecté un problème dans le revêtement de mousse sans y avoir apporté de résolution.
Débris enflammés de la navette spatiale Columbia après la rentrée dans l'atmosphère.
La majorité des lancements de la navette ont enregistré ces débris de mousse et des griffures sur les tuiles thermiques, en violation des règles de sécurité2. Au cours de ré-entrée de la mission STS-107, la zone endommagée a permis aux gaz chauds de pénétrer et détruire rapidement la structure interne de l'aile3 à l'origine de la désintégration du véhicule.
Des recherches sur un immense territoire dans des parties du Texas, de la Louisiane et de l'Arkansas ont permis la récupération de restes de l'équipage et de nombreux fragments du véhicule.
La mission STS-107 a été le 113e lancement de la Navette spatiale qui a été retardé à 18 reprises au cours des deux ans entre la date de lancement initale du 11 janvier 2001 et la date de lancement effective le 16 janvier 2003. (Et a été précédée par la mission STS-113.)
Un retard de lancement, en raison de fissures dans le système de distribution de propergol de la navette, a eu lieu un mois avant la date de lancement du 19 juillet 2002. Le Bureau d'enquête sur l'accident de Columbia (en:Columbia Accident Investigation Board (CAIB)) a déterminé que ce retard n'a rien à voir avec la défaillance catastrophique qui a eu lieu six mois plus tard.
Les recommandations du CAIB ont été autant techniques et organisationnelles. Le programme navette spatiale a été arrêté plus de deux ans après la catastrophe, un retard comparable à celui résultant de la catastrophe de Challenger.
Parallèlement, la construction de la Station spatiale internationale a été mise en panne, et la station s'est appuyée entièrement sur l'Agence spatiale fédérale russe pour le réapprovisionnement et de rotation de l'équipage jusqu'à STS-114.
Photo de l’équipage
Rick D. Husband, Commandant. Colonel de l'US Air Force et ingénieur mécanique. Il pilota la navette spatiale américaine lors du premier arrimage à la Station spatiale internationale.
William C. McCool, Pilote. Capitaine de frégate à l'US Navy.
David M. Brown, Spécialiste de mission. Capitaine à l'US Navy entraîné en tant que pilote et médecin de bord. Il travailla à plusieurs expériences scientifiques.
Kalpana Chawla, Spécialiste de mission. Ingénieure aérospatiale.
Laurel B. Clark, Spécialiste de mission. Capitaine de frégate à l'US Navy et médecin de bord. Elle travailla à plusieurs expériences biologiques.
Michael P. Anderson, Commandant de charge utile. Lieutenant colonel à l'US Air Force et physicien. Il avait la charge de la partie scientifique de la mission.
Ilan Ramon, Spécialiste de charge utile. Colonel dans l'aviation israélienne et premier astronaute israélien.
Causes de l'accident
Environ 82 secondes après le lancement, un morceau de la mousse d'isolation thermique, de la taille d'une valise, s'est détaché du réservoir externe, frappant les panneaux renforcés carbone-carbone (RCC) de l'aile gauche de Columbia.
Comme l'ont montré les expériences réalisées au sol par le CAIB, cette collision a créé un trou de 6 à 10 pouces (15 à 25 cm) de diamètre. Les gaz chauds ont alors pu entrer dans l'aile lors de la rentrée dans l'atmosphère de Columbia. Au moment du choc avec la mousse, l'orbiteur se trouvait à une altitude d'environ 20 115 m (66 000 pieds), et se déplaçait à Mach 2,46 (1 870 mi/h, ou 837 mètres par seconde). La masse du fragment de mousse était d'environ 0,54 kg et l'aile a été touchée à peu près à 244 m/s.
Le réservoir principal de carburant de la navette est recouvert de mousse isolante, afin d'éviter la formation de glace sur celui-ci lorsqu'il est plein d'hydrogène et d'oxygène liquides, ce qui pourrait endommager la navette au cours du décollage. Le trépied gauche de l'attache avant du réservoir est un composant aérodynamique d'environ un mètre entièrement en mousse, au lieu d'être une structure métallique avec revêtement de mousse.
En tant que telle, la mousse n'est pas normalement considérée comme un matériau de structure, elle est appelée à supporter certaines charges aérodynamiques. En raison de ces exigences particulières, la coulée en place et mise en forme des rampes ne peut être effectuée que par un technicien supérieur4. La barre du trépied (côtés droit et gauche) a été conçue à l'origine pour réduire les contraintes aérodynamiques autour des points de fixation au réservoir externe, mais s'est révélée inefficace à la suite de l'accident et a été supprimée du réservoir externe après STS-107. Une autre rampe en mousse, le long de la ligne d'oxygène liquide, a également été enlevée plus tard du réservoir pour éliminer une source de débris, après qu'une analyse complexe et des tests eurent prouvé que ce changement était sûr.
La rampe d'isolation du trépied est tombée sur de nombreux vols précédents (STS-7 (1983), STS-27 (1988), STS-32 (1990), STS-50 (1992), et partiellement sur les vols STS-52 et STS-62). En outre, la barre de mousse du Protubérance Air Load (PAL) a également perdu des morceaux, en plus de grandes zones de mousse. Les responsables de la NASA ont appelé ce phénomène "l'excrétion de mousse". Ces pertes avaient déjà causé au moins un choc, sans graves dommages.
Comme avec l'usure de joint torique qui en fin de compte a condamné le Challenger, les responsables de la NASA se sont habitués à ces phénomènes sans conséquence grave. Ce phénomène a été qualifié "normalisation de la déviance" par la sociologue Diane Vaughan dans son livre sur le processus de décision du lancement de Challenger.
La vidéo prise au cours du décollage de la mission STS-107 a été entièrement examinée deux heures plus tard et n'a rien révélé d'anormal. Le lendemain, une copie en plus haute qualité du film, dont les images ont été retraitées pendant la nuit, a révélé les débris de mousse frappant l'aile gauche, endommageant potentiellement la protection thermique de la navette spatiale. À l'époque, l'emplacement exact où la mousse a heurté l'aile n'a pas pu être déterminé en raison de la faible résolution de la caméra vidéo de suivi.










