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mardi 9 août 2011

MARS SCIENCE LABORATORY


Mars Science Laboratory (MSL) est une mission d'exploration de la planète Mars à l'aide d'un astromobile (rover) développée par le centre JPL de l'agence spatiale américaine de la NASA. La sonde spatiale doit être lancée en novembre 2011 par une fusée Atlas V. Le site d'atterrissage, que la sonde doit atteindre en août 2012, se situe dans le cratère Gale dont le sol reflète les principales périodes géologiques de la planète et pourrait avoir préservé les traces d'anciens organismes vivants si ceux-ci ont réussi à faire leur apparition. Au cours de sa mission le rover, baptisé Curiosity, va rechercher des traces de vie, analyser la composition minéralogique, étudier la géologie de la zone explorée et collecter des données sur la météorologie et les radiations qui atteignent le sol de la planète. La durée de la mission est fixée initialement à deux années terrestres et le rover est conçu pour parcourir 20 km.
Curiosity est cinq fois plus lourd que ses prédécesseurs, les rovers MER, ce qui lui permet d'emporter 85 kg de matériel scientifique dont deux mini laboratoires permettant d'analyser les composants organiques et minéraux et un système d'analyse à distance de la composition des roches reposant sur l'action d'un laser. Les laboratoires embarqués sont alimentés par un système sophistiqué de prélèvement et de conditionnement d'échantillon comprenant une foreuse. Pour répondre aux besoins accrus d'énergie et s'affranchir des contraintes de l'hiver martien et des périodes nocturnes, le rover utilise un générateur thermoélectrique à radioisotope qui remplace les panneaux solaires utilisés dans les précédentes missions de ce type. Enfin il bénéficie de logiciels évolués pour naviguer sur le sol martien et exécuter les taches complexes qui l'attendent
La sonde spatiale au départ de la Terre a une masse de 3,4 tonnes et comprend un étage de croisière chargé d'amener la sonde jusqu'à proximité de la planète Mars, un véhicule de rentrée qui assure la traversée de l'atmosphère martienne à grande vitesse, un étage de descente chargé de la dernière phase aboutissant à l'atterrissage. Pour parvenir à poser le rover de 900 kg sur le sol martien avec la précision demandée par les objectifs scientifiques, la technique d'atterrissage utilisée par ses prédécesseurs a été profondément modifiée : la phase de rentrée atmosphérique est en partie pilotée et le rover est déposé en douceur sur le sol par un étage de descente fonctionnant à la manière d'un hélicoptère-grue.
MSL constitue la mission interplanétaire la plus ambitieuse de la décennie pour la NASA. La complexité de la sonde et du rover ainsi que la nécessité de mettre au point de nouvelles technologies spatiales ont entrainé des modifications importantes du concept de départ durant la phase de développement : les dépassements de cout qui en ont résulté ont failli entrainer l'annulation de tout le projet. Le lancement prévu initialement en 2009 a du être repoussé à la fenêtre de lancement suivante 26 mois plus tard en 2011. Le coût total du projet est désormais évalué à 2,5 milliards de dollars US.

samedi 23 juillet 2011

PROGRAMME VOYAGER


Le programme Voyager est un programme d'exploration robotique de l'agence spatiale américaine de la NASA dont l'objectif est d'étudier les planètes extérieures du système solaire. Il comprend deux sondes spatiales identiques Voyager 1 et Voyager 2 lancées en 1977 qui ont survolé les planètes Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune ainsi que 48 de leurs lunes. Les données collectées par les 9 instruments portés par chaque sonde en font sans doute la mission d'exploration du système solaire la plus fructueuse sur le plan scientifique de toute l'histoire spatiale. Les sondes Voyager sont les premières à effectuer un survol de Uranus et Neptune et les secondes à étudier Jupiter et Saturne. Voyager 1 et 2 ont permis d'obtenir des informations détaillées sur l'atmosphère de Jupiter, Saturne et Uranus et ont amélioré notre compréhension de la composition de l'atmosphère de Jupiter. Les sondes Voyager ont révélé de nombreux détails sur les anneaux de Saturne, permis de découvrir les anneaux de Jupiter et ont fourni les premières images détaillées des anneaux d'Uranus et de Neptune. Les sondes ont découvert en tout 33 nouvelles lunes. Elles ont révélé l'activité volcanique de Io et la structure étrange d'Europe.




La NASA met sur pied en 1972 le programme Voyager pour exploiter une conjonction des planètes extérieures exceptionnelle qui doit permettre aux sondes de survoler plusieurs des planètes pratiquement sans dépense en carburant, en utilisant l'assistance gravitationnelle. Malgré les contraintes budgétaires liées à un climat économique et politique peu favorable à l'espace, la NASA après avoir renoncé à un projet plus ambitieux, parvient à construire deux engins parfaitement adaptés à ce programme complexe comme vont le prouver la longévité et la qualité du matériel scientifique récolté par les deux sondes. Voyager 1 et 2 sont dans leur catégorie des engins lourds, 800 kg à comparer aux 235 kg des sondes Pioneer chargées de jouer le rôle d'éclaireur, car elles emportent plus de 100 kg d'instrumentation scientifique.
Les sondes Voyager sont, en 2010, toujours en état de fonctionnement ; plusieurs de leurs instruments continuent à transmettre des informations sur le milieu environnant. Ayant dépassé l'orbite de Pluton, elles doivent franchir les différentes limites qui séparent le système solaire du milieu interstellaire. Voyager 1 a quitté l'héliosphère en décembre 2004 et se dirige désormais vers l'héliopause qui marque la limite de l'influence du vent solaire. Se déplaçant à plus de 17 km/s par rapport au Soleil, Voyager 1, porteur d'un message symbolique de l'Humanité, devrait être la première à passer à proximité d'une étoile dans 40 000 ans. Bien avant, vers 2020, la sonde se sera arrêtée de fonctionner du fait de la défaillance des générateurs thermoélectriques à radioisotope qui lui fournissent son énergie.

VOYAGER 2


Voyager 2 est la seconde des deux sondes spatiales du programme Voyager. Son lancement a eu lieu de 20 août 1977. Comme Voyager 1, elle a été conçue et réalisée au Jet Propulsion Laboratory près de Pasadena en Californie. Techniquement identique à Voyager 1, Voyager 2 a été lancée sur une trajectoire plus lente et plus courbée, ce qui a permis de la maintenir dans le plan de l’écliptique (où se trouvent les planètes du système solaire). Ainsi, elle a pu être dirigée vers Uranus et Neptune en utilisant l’assistance gravitationnelle lors des survols de Saturne en 1981 et d’Uranus en 1986. En raison de la trajectoire choisie, Voyager 2 n’a pas pu se rapprocher autant que Voyager 1 de Titan, le plus grand satellite de Saturne. Cependant, c’est aujourd’hui le seul engin spatial à avoir survolé Uranus et Neptune. La configuration particulière des quatre géantes gazeuses qui a rendu leur survol possible ne se reproduit que tous les 176 ans.
La mission Voyager 2 conjointement à celle de Voyager 1 a pu être menée à bien pour un coût nettement inférieur à celui des programmes plus avancés et plus spécialisés qui ont suivi, Galileo et Cassini-Huygens. Avec Pioneer 10, Pioneer 11, Voyager 1 et New Horizons, Voyager 2 est l’une des cinq sondes spatiales à suivre une trajectoire quittant le système solaire. En 2010, la sonde a parcouru depuis la Terre une distance de 21 milliards de km et continue à envoyer des données scientifiques sur son environnement 33 ans après son lancement. Au 6 avril 2011, la sonde est à 94,9 UA du Soleil.



La Sonde Voyager


Caractéristiques générales[modifier]
La sonde Voyager a une masse de 825,5 kg dont 104,8 kg d'instrumentation scientifique à comparer aux 235 kg de Pioneer 10. Les ordinateurs et le système de télécommunication se trouvent logés au centre de celle-ci dans un cylindre aplati de 178 cm de diamètre et de 47 cm d'épaisseur au cœur duquel se trouve le réservoir de carburant utilisé par les moteurs. Tous les autres composants de la sonde se rattachent à ce cylindre. Les instruments scientifiques qui doivent être orientés vers les planètes et lunes (ISS, IRIS et PPS) sont installés sur une plateforme située au bout d'une perche s'étendant jusqu'à environ 2,5 m du centre de la sonde : la plateforme est orientable selon deux degrés de liberté avec une précision de 0,1°. Les magnétomètres sont installés sur une perche de 13 m de long. Une troisième perche porte à son extrémité les générateurs thermoélectriques à radioisotope (RTG) produisant l'énergie nécessaire à la mission. Les instruments radio PRA et PWS fonctionnent quant à eux grâce à deux antennes de 10 m, perpendiculaires l'une par rapport à l'autre. Tous les instruments scientifiques sont installés de manière à être au moins à 6,4 mètres du RTG pour limiter l'incidence du rayonnement émis par la décomposition radioactive du plutonium 2381.





Pour garantir le fonctionnement de la sonde durant les 5 ans de la mission, une durée exceptionnelle pour l'époqueN 1, chaque système vital est doublé : ordinateurs, senseur solaire et d'étoile, équipement radio, système de propulsion, etc. C'est ainsi que sur la sonde Voyager 1 c'est l'ordinateur principal de secours qui remplace le système d'origine tombé en panne1.
Propulsion[modifier]
Le système de propulsion est constitué par 16 propulseurs utilisant de l'hydrazine qui en se décomposant sur un catalyseur fournit une poussée de 0,89 Newton par moteur. Pour la première fois sur une sonde spatiale, les mêmes moteurs sont utilisés pour contrôler l'orientation et corriger la trajectoire permettant de réduire la masse du système. Seuls huit moteurs sont nécessaires : 2 pour faire pivoter la sonde sur chaque axe et 2 pour accélérer ou freiner l'engin. Les huit autres moteurs sont là en secours. Les moteurs-fusée et le réservoir, qui contient au départ 90 kg d'hydrazine, sont situés dans le corps central de la sonde. Ce carburant qui permet de fournir un delta-v de 143 m/s s'est révélé largement suffisant, grâce à la précision de la trajectoire suivie (20 km d'erreur contre 200 km prévus au maximum) puisque il subsistait encore plus du tiers du carburant en l'an 2000 bien après l'achèvement des manœuvres de survol1.

lundi 18 juillet 2011

Mars Global Surveyor


Mars Global Surveyor est une mission conjointe de la NASA et du Jet Propulsion Laboratory, destinée à cartographier la planète Mars.
Elle est la première mission américaine réussie depuis les sondes Viking vingt ans auparavant.



Mars Global Surveyor fut fabriqué par Lockheed Martin dans une usine de Denver, Colorado. Cette sonde pesait 1 050 kilogrammes avec ses réservoirs pleins.
La sonde fut lancée le 7 novembre 1996 à partir de la base du Cap Canaveral en Floride par une fusée Delta-7925. Elle effectua un voyage de près de 750 millions de kilomètres en 300 jours.
En arrivant à proximité de Mars, la sonde alluma son moteur principal pendant 22 minutes pour rejoindre son orbite d'insertion. Cette manœuvre ralentit la sonde et permit à la gravitation de la planète de la capturer. Cette orbite était fortement excentrique, son périapse était à 262km au-dessus de l'hémisphère nord et son apoapse à 54 026km au-dessus de l'hémisphère sud; sa période était de 45 heures. Après l'insertion, la sonde effectua une série de changements d'orbite pour faire descendre son périapse aux limites supérieures de l'atmosphère martienne, à une altitude d'environ 100 kilomètres. Durant chaque passage, la sonde perdit de l'altitude par freinage aérodynamique. La sonde utilisa cette technique de freinage pendant 4 mois, ce qui lui permit d'abaisser son apoapse à une altitude d'environ 450 kilomètres.


Le 11 octobre l'équipe de vol effectua une manœuvre pour remonter le périapse au-dessus de l'atmosphère. Cet arrêt du freinage fut effectué car la pression exercée par l'atmosphère provoquait un léger fléchissement d'un des deux panneaux solaires. Ce panneau avait été légèrement endommagé peu après le lancement. Le freinage atmosphérique fut repris le 7 novembre après qu'il fut conclu que ce freinage ne provoquait aucun problème à la condition qu'il se passait à un taux plus réduit que celui prévu dans le plan de mission original.
Avec le nouveau plan de mission, le freinage recommença à une altitude de 135 km pour atteindre 120,5 km plutôt que celle de 110 km initialement prévue. Cette altitude légèrement supérieure permettait de réduire de 66% la pression exercée par l'atmosphère sur la sonde. Six mois de freinage permirent de réduire la période de l'orbite de 12 heures à 6 heures. Entre mai et novembre 1998, le freinage fut arrêté pour permettre à l'orbite de dériver vers sa position correcte vis-à-vis du Soleil. Ces six mois furent utilisés pour récolter le plus grand nombre possible de données scientifiques; ces données étaient prises entre 2 à 4 fois par jour au point d'orbite le plus bas.
Finalement, de novembre 1998 à février 1999, le freinage atmosphérique fut repris pour atteindre l'orbite de 450 km; à cette altitude, la sonde faisait le tour de Mars en 2 heures. Le freinage était prévu pour se terminer en même temps que l'orbite atteint sa position voulue par rapport au Soleil pour les opérations de cartographie. Dans cette position, la sonde croise toujours l'équateur situé du côté jour à 14H00 heure locale de Mars et se déplace du sud vers le nord.
Les opérations de cartographies, commencèrent le 3 mars 1999 et durèrent une année martienne complète, c'est-à-dire l'équivalent de deux années terrestres. La sonde effectuait un tour complet autour de Mars toutes les 117,65 minutes à une altitude moyenne de 378 kilomètres. L'orbite choisie était une orbite polaire quasi circulaire telle que la sonde croise toujours l'équateur situé du côté jour du sud vers le nord à 14H00 heure locale de Mars. L'altitude fut choisie afin de rendre l'orbite synchrone avec le Soleil de telle façon que toutes les images prises par la sonde d'une même partie de la surface de Mars, mais à des dates différentes, soient prises avec des conditions d'illuminations identiques. À chaque tour d'orbite, la sonde se déplace de 28,62° vers l'est à cause de la rotation de Mars. Après 88 orbites, la sonde se retrouve approximativement au même endroit au-dessus de la surface mais décalé de 59km vers l'est, ce qui permet de recouvrir uniformément toute la surface de la planète.
Le 31 janvier 2001, la sonde termina sa mission principale. La NASA approuva une extension de la mission. Mars Global Surveyor continua à envoyer des données, notamment grâce à sa caméra MOC (en anglais Mars Orbiter Camera). En outre, la sonde servit de satellite de communication pour relayer les données provenant de missions plus récentes. En effet, le 30 mars 2004, la sonde photographia les traces de roues du rover Spirit, au Sol 85 de sa mission.
En avril 2005, Mars Global Surveyor devint le premier orbiteur martien à prendre des clichés d'autres vaisseaux en orbite autour de la planète rouge. Il réussit à prendre des photographies de la sonde américaine Mars Odyssey et de l'orbiteur européen Mars Express.
Depuis le 9 novembre 2006, Mars Global Surveyor ne répond plus. Après plus de 10 ans dans l'espace, MGS, à la suite d'une réorientation d'un de ses panneaux solaires, a vu sa puissance d'émission radio baisser de 42 db. Elle a cessé d'émettre les 3 et 4 novembre, et le 5 la sonde a signalé qu 'elle passait en mode passif. Soit la puissance électrique fait défaut à cause d'une mauvaise position du panneau solaire, ou une anomalie de ce dernier a provoqué la réorientation de la sonde pour l'exposer au soleil, et l'antenne principale a perdu alors son alignement avec la Terre. Dans cette situation, la sonde aurait dû utiliser son antenne secondaire pour contacter la Terre ... ce qu'elle n'a toujours pas fait.
D'autres hypothèses sont évoquées par le directeur du MGS Thomas Thorpe du JPL de la NASA : le choc d'une micro-météorite ou la panne de senseurs stellaires d'orientation.
La NASA a tenté de localiser la sonde, entre le vendredi 17 et le lundi 20 novembre1, grâce à Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) sans succès.
21 novembre 2006, la NASA a annoncé que la mission Mars Global Surveyor est définitivement terminée2. Cette mission fut la plus longue et la plus productive des missions envoyées vers la planète rouge. La sonde se révèlant endurante en fonctionnant cinq fois plus longtemps que prévu (10 ans au lieu de 2). En avril 2007, la NASA indiqua qu'une erreur humaine dans la programmation de l'ordinateur de bord serait à l'origine de sa perte. Ce dernier aurait réorienté la sonde exposant l'une des batteries au soleil et aboutissant à l'appauvrissement des deux batteries3.
Résultats

Cette mission a étudié l'ensemble de la surface martienne, l'atmosphère et la structure interne de la planète et nous a renvoyé plus de données sur Mars que toutes les autres missions réunies.
Parmi les découvertes importantes, Mars Global Surveyor a photographié des ravins et des écoulements de débris qui suggèrent qu'il puisse y avoir des sources d'eau liquide, comparables à un aquifère à la surface ou proche de la surface. Les formations similaires sur Terre sont formées par de l'eau courante mais sur Mars la température est normalement trop froide et l'atmosphère trop ténue pour maintenir de l'eau à l'état liquide. Néanmoins, certains scientifiques supposent que sur Mars, de l'eau peut parfois jaillir du sous-sol, éroder des rigoles et des canaux et former des mares avant de geler ou de s'évaporer.
Les résultats du magnétomètre montrent que le champ magnétique martien n'est pas globalement généré par le noyau de la planète mais par des zones localisées dans la croûte. De nouvelles données de température et les gros-plans de Phobos montrent que la surface de ce satellite est composée de débris pulvérulents sur une épaisseur d'au moins un mètre, résultat de millions d'années de bombardements météoritiques.
L'altimètre-laser a permis aux scientifiques d'obtenir les premières images en trois dimensions de la calotte de glace du pôle nord martien.