Un curé qui voyait loin! Laurent Cassegrain, contemporain de Newton
Laurent Cassegrain (né dans la région de Chartres vers 1629 — mort à Chaudon le 31 août 1693) était un prêtre et physicien français. Il a été professeur de sciences au collège Pocquet de Chartres et curé de Chaudon (Eure-et-Loir). Laurent Cassegrain est à l'origine du télescope de type Cassegrain, comportant un primaire parabolique et un secondaire convexe hyperbolique, contrairement au télescope de Gregory dont le secondaire est une ellipse concave. Le principe de son télescope fut combattu par Newton qui le jugeait irréalisable et sans véritable intérêt.
L'illumination dite de cassegrain a été reprise dans le domaine des transmissions et antennes paraboliques, notamment pour la TV par satellite, pour améliorer les performances des antennes domestiques en matière de gain (environ 1 dB) et d'angle d'ouverture, plus refermé, donc plus sélèctive.
Le 25 avril 1672, un certain M. de Bercé faisait par le " journal des Sçavans " qui était à l'époque l'organe de l'Académie des sciences récemment créée par Louis XIV, deux communications. Il transmettait tout d'abord une lettre écrite de Chartres par un dénommé Cassegrain qui donnait les proportions des " trompettes à parler de loin " qu'il avait calculées.
Et M. de Bercé ne pouvait s'empêcher de mentionner aussi que le même Cassegrain lui avait fait parvenir quelques mois auparavant le shéma d'un télescope, et de faire savoir qu'il trouvait le projet de Cassegrain beaucoup plus spirituel que celui que Newton venait de publier.
Le " Cassegrain " c'est le télescope Cassegrain,Combinaison d'un grand miroir primaire parabolique concave troué en son milieu, et d'un petit miroir secondaire hyperbolique convexe. Chez les astronomes amateurs, c'est la combinaison la plus utilisée de nos jours.
Ce sont de nombreuses archives patiemment consultées par Mme Françoise Launay, ingénieur au CNRS, qui ont permis de découvrir qui se cachait derrière ce patronyme .
Prêtre et Professeur :
La lecture de centaines d'actes de baptêmes, de mariage, de décès, a fait revivre ce Laurent Cassegrain, prêtre et professeur au collège Pocquet de Chartres. Le livre de l'abbé Beauhaire, du XIX siècle recense tous les ecclésiastiques du diocèse et mentionne un certain Laurent Cassegrain curé de Chaudon de 1685 à 1693. La confrontation des signatures du professeur du collège Pocquet et du curé de Chaudon, a autorisé à penser que c'était le même homme.
signature de Laurent Cassegrain (registre paroissial de chaudon, 1686, Mairie de Chaudon)
Issu d'une famille de maîtres-chirurgiens, on ne sait pas où Laurent Cassegrain a fait ses études, mais il était déjà prêtre et professeur en 1654. Physicien, il s'intéressait à l'acoustique, à l'optique et à la mécanique, ses lettres en attestent. Huit jours avant la révocation de l'édit de Nantes, Laurent Cassegrain signait son premier acte dans les registres de la paroisse de Chaudon dont il restera le curé jusqu'à sa mort le 1 septembre 1693.
Les télescopes
Concentrer la lumière par réflexion sur des miroirs
Contrairement à la lunette astronomique, qui tire parti des lentilles pour obtenir une image grossie, le télescope, appelé aussi « réflecteur », utilise des miroirs pour y parvenir. Les avantages de ce dispositif sont nombreux : la fabrication des miroirs est beaucoup plus simple et moins coûteuse que celle des lentilles, il y a moins de problèmes d’aberration et le miroir principal peut être soutenu par sa base. On considère aujourd’hui, à juste titre, que c’est un des instruments scientifiques les plus puissants jamais inventés par l’homme.
Entre 1540 et 1553, le mathématicien anglais Léonard Digges construit le premier télescope, composé d’un miroir réfléchissant et d’une lentille. En 1576, son fils Thomas, qui est astronome, l’utilise pour défendre l’idée que l’Univers est infini, une notion révolutionnaire pour son époque. Pourtant, il faudra attendre plus de 100 ans avant de voir l’usage du télescope se répandre.
En 1663, le mathématicien et astronome écossais James Gregory publie Optima Promota, un livre dans lequel il décrit le concept d’un nouveau type de télescope compact. Le physicien anglais Robert Hooke le construira quelques années plus tard, peu de temps avant qu’Isaac Newton mette au point son propre télescope en 1668.
Le principe du télescope de Newton est si simple qu’on l’utilise encore de nos jours. Il se compose de deux miroirs. Le premier, appelé miroir primaire, est de forme parabolique et sert à collecter la lumière provenant de l’objet observé. Le miroir secondaire, plus petit, est plat et disposé en diagonale de façon à dévier la lumière hors du télescope vers un oculaire et l’observateur.En 1672, le prête catholique et enseignant français Laurent Cassegrain invente un nouveau type de télescope qu’il décrit dans un manuscrit qui demeurera non publié. Le télescope de Cassegrain se compose d’un miroir primaire parabolique qui collecte la lumière de l’objet observé et d’un miroir secondaire situé vis-à-vis qui recueille la lumière réfléchie et la concentre vers l’observateur par un trou situé au centre du miroir primaire. L’image peut donc être perçue derrière le télescope et non sur le côté (comme pour le télescope de Newton).
Le grand avantage du télescope Cassegrain est son format compact, ce qui le rend facilement transportable. De plus, on peut installer des instruments lourds à sa base. C’est aujourd’hui le type de télescope le plus utilisé.












