samedi 9 juillet 2011

Stephen Hawking


L’été très chargé de Stephen Hawking


Le célèbre physicien Stephen Hawking s’est beaucoup manifesté cet été dans les médias, malgré un état de santé assez fragile. Toujours à la pointe de la diffusion du savoir scientifique, Hawking n’en reste pas moins un visionnaire et un essayiste fameux. Fidèle à sa réputation, le physicien avait déjà envoyé au printemps dernier un pavé dans la mare en déconseillant de lancer des messages dans l’espace à destination d’éventuels aliens. Au mois d’août, il déclarait au site internet Big think que l’avenir de l’homme était dans les étoiles. Et en septembre, enfin, il récidive en réfutant fermement le déisme dans une série d’articles publiés par The Times.



Hawking voit grand pour l’humanité. Et si Kennedy nous avait promis la Lune, le célèbre physicien nous promet l’espace tout entier ! Pour Hawking, coloniser l’espace n’est pas seulement un défi technologique. C’est aussi notre planche de salut. « Je pense que l’avenir à long terme de la race humaine se trouve dans l’espace. Il sera déjà difficile d’éviter une catastrophe sur la planète Terre dans les 100 prochaines années, sans parler du prochain millier ou million d’années  » , a-t-il déclaré au site internet Big think. « Si nous pouvons éviter une catastrophe au cours des deux prochains siècles, notre espèce devrait être sauve si nous nous déployons dans l’espace  » . Une position que ne contredira pas l’auteur Ray Bradbury, qui à 90 ans exhorte les États-Unis à reprendre les programmes de colonisation lunaire et martienne.

Mais l’anticipation scientifique n’est pas le seul créneau de Stephen Hawking. Dans son dernier livre, « The Grand Design  » , il réfute l’idée déiste d’une force transcendante orchestrant la création de notre univers. Cette prise de position rationaliste l’amène à critiquer Sir Isaac Newton, qui écrivait de son vivant : « Gravity explains the motions of the planets, but it cannot explain who set the planets in motion. God governs all things and knows all that is or can be done  » [1]. Newton, comme beaucoup de savants de son époque, pensait que toute la mécanique céleste n’était pas due au hasard mais trahissait l’œuvre discrète de Dieu. Hawking veut en finir avec cet héritage déiste. Dans son ouvrage, il argumente qu’il est tout à fait possible d’expliquer la création de l’univers en se passant de Dieu, et donc de doctrine déiste. L’astrophysicien ne change en rien de position, sa conclusion sur Dieu et les lois  naturelles de la physique  dans « Une brève histoire du temps » se rapportant plus à une métaphore qu’à une croyance en Dieu. Les clins d’œil de la physique à la religion sont d’ailleurs nombreux, comme le « visage de Dieu » concernant le rayonnement fossile laissé par le big-bang ou la « particule de Dieu » désignant le boson de Higgs. Ces métaphores soulignent à quel point la physique moderne peut substituer le mythe divin de la création par des bases scientifiques plus rationnelles.

Évidemment, cette prise de parole d’Hawking n’est pas pour plaire aux autorités religieuses. Rowan Williams, l’archevêque de Canterbury, mène la riposte dans le quotidien londonien The Times : « La physique seule ne peut dire pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien  » . Il réagit à la publication, par le même journal, d’extraits du nouveau livre de Stephen Hawking. Des représentants des religions musulmane et juive ont aussi donné de la voix. Qu’un physicien renommé rappelle fermement que sciences et religions ne sont pas compatible dérange  donc toujours autant, à l’heure où obscurantisme et croyances dogmatiques ressurgissent de toutes parts.

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