Une énigme solaire résolue
Rayonnement ultraviolet du Soleil
Les scientifiques savaient depuis des dizaines d'années que la couronne du Soleil, une couche lointaine de son atmosphère, atteignait des températures plus de 200 fois plus élevées que sa surface visible, mais ils ne pouvaient vérifier leurs hypothèses pour expliquer le phénomène.
Explications
À la surface du Soleil, la température est d'environ 6000 degrés, alors qu'elle grimpe jusqu'à 2 ou 3 millions de degrés dans la couronne plus éloignée du noyau du Soleil où se produisent pourtant les réactions nucléaires.
Dans les années 1970, le physicien suédois Hannes Alfvén avait prédit l'existence d'ondes véhiculant cette énergie via les lignes du champ magnétique parcourant le plasma de la couronne. Toutefois, à ce jour, ces ondes n'avaient pas été détectées en quantité suffisante pour fournir l'énergie requise.
Des images à haute résolution dans l'ultraviolet, prises à une cadence rapide (toutes les 8 secondes) par l'observatoire orbital SDO de la NASA, ont permis au chercheur Scott McIntosh et à ses collègues du High Altitude Observatory of the National Center for Atmospheric Research de détecter ces ondes à profusion.
Selon leurs travaux publiés dans le magazine Nature, elles se propagent à très grande vitesse (de 200 à 250 km/s) au sein du plasma en mouvement.
Avec un flux d'énergie de l'ordre de 100 à 200 watts par mètre carré, ces ondes suffisent pour fournir l'énergie nécessaire pour propulser les rapides vents solaires et compenser les pertes de chaleur des régions calmes de la couronne solaire.
Ce n'est cependant pas assez d'énergie pour fournir les 2000 watts/m2 nécessaires pour alimenter les zones actives de la couronne, ajoutent les chercheurs. Selon eux, des instruments de plus grande résolution spatiale et temporelle permettront à l'avenir d'observer le spectre d'énergie rayonnée dans les zones actives.
De plus, d'autres travaux doivent maintenant permettre de comprendre comment et où ces ondes sont générées et dissipées dans l'atmosphère solaire.
La mission de cinq ans du SDO commencée en février 2010 permettra de mieux comprendre le fonctionnement interne du Soleil et de son champ magnétique en captant des milliers d'autres images et de nombreuses données.
SDO prend en quelque sorte la relève de la sonde SOHO, qui étudie le Soleil depuis 1995 et qui a permis de confirmer que les taches solaires se déplaçaient plus vite à l'équateur.
L'observatoire doit entre autres déterminer la durée du prochain cycle du Soleil (qui dure en moyenne 11 ans) et établir quand les vents solaires chargés de particules à haute énergie frapperont la Terre.

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