lundi 1 août 2011

EXOMARS > Trace Gas Orbiter (TGO) > 2016


ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) (autrefois désigné sous l'appellation 2016 Mars Science Orbiter (MSO))1,2 est une sonde interplanétaire développé par l'Agence spatiale européenne avec une participation importante de la NASA qui doit se placer en orbite autour de la planète Mars pour étudier l'origine du méthane et d'autres gaz présents dans l'atmosphère martienne. La sonde doit être lancée en 2016 dans le cadre du programme ExoMars par un lanceur américain Atlas V 421. La sonde doit transporter l'atterrisseur européen ExoMars EDM qui doit permettre aux équipes européennes de roder les techniques d'atterrissage sur Mars.

Contexte

Au début des années 2000 un projet de rover martien européen ExoMars, est mis à l'étude. Ce projet ambitieux est repoussé à plusieurs reprises car il nécessite à la fois des moyens financiers importants et la maitrise des techniques d'atterrissage sur Mars. Il est inscrit en 2005 comme mission majeure (Flagship mission) du programme Aurora. En octobre 2009 la NASA et l'Agence spatiale européenne associent leurs projets d'exploration de la planète Mars dans le cadre de l'Initiative conjointe d'exploration de Mars. La première matérialisation de cet accord est le programme ExoMars qui regroupe désormais quatre engins spatiaux :
ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) est un orbiteur sous la responsabilité de l'ESA qui a pour mission primaire d'identifier l'origine du méthane et d'autres gaz rares présents dans l'atmosphère martienne
ExoMars EDM est un atterrisseur de l'ESA qui doit permettre à celle-ci de valider les techniques de rentrée atmosphérique et d'atterrissage sur Mars en vue de l'envoi d'un rover.
ExoMars Rover est un rover européen qui doit rechercher la présence de vie sur Mars et étudier la surface la planète pour y détecter des indices de présence d'eau
MAX-C est un rover développé par la NASA qui doit pouvoir rechercher des indices de la vie, prélever des carottes dans le sous-sol martien et les stocker pour une future mission de retour d'échantillon sur Terre qui reste à définir.
Les engins ExoMars TGO et ExoEDM doivent être lancés ensemble début 2016 et constituer la première partie du programme ExoMars placée sous la responsabilité de l'Agence spatiale européenne. La seconde partie du programme, lancée en 2018 par une unique fusée et baptisée ExoMars 2018, comprend le lancement des deux rovers qui doivent effectuer l'atterrissage en partageant le même module de descente. Exomars 2018 est placée sous la responsabilité de la NASA.
Le constructeur franco-italien Thales Alenia Space a été retenu pour la construction de ExoMars TGO et ExoMars EDM5.

Objectifs

ExoMars TGM a une mission principale scientifique et une mission secondaire qui est de jouer le rôle de relais de télécommunications avec les autres orbiteurs en activité autour de Mars pour les rovers présents sur le sol martien.
Des observations récentes réalisées par des orbiteurs martiens ainsi que depuis des observatoires terrestres ont indiqué la présence de méthane dans l'atmosphère martienne avec des variations dans le temps de la concentration de ce gaz. Les modèles actuels ne permettent pas d'expliquer la présence de méthane et les rapides changements de sa concentration sur le plan spatial et temporel. L'apparition du méthane comme sa disparition ne sont pas expliquées. Ces observations soulèvent les questions suivantes :
S'agit il d'une manifestation d'une activité souterraine :
Y a-t-il des réservoirs de glace en surface ou proches de la surface (en particulier dans la glace) ? Où sont ces réservoirs
Quelle est l'origine de ce gaz : géochimique ou biochimique ?
Existe-t-il d'autres traces de gaz ? Quels sont les ratios des isotopes ?
Quels sont les processus qui contrôlent le cycle de vie de ces gaz ?
Échelle de temps des emplacements, des activations et des modifications : phénomènes saisonniers, annuels, épisodiques, long terme
rôle de la géochimie hétérogène
Interaction entre la surface et l'atmosphère
Ces questions débouchent sur les objectifs assignés à la mission ExoMars TGM6 :
Identifier les gaz et isotopes présents sous forme de trace dans l'atmosphère martienne
Définir les variations spatiales et temporelles de la distribution du méthane et si possible des gaz les plus importants ainsi que des molécules à l'origine de ces gaz (H²O,...)
Localiser les sources du méthane et des principaux gaz et leurs interactions dont celles avec les aérosols et de quelle manière ces processus sont modifiés par l'état de l'atmosphère (température, distribution des principales sources de gaz comme l'eau)
Prendre des photos des formations de surface qui peuvent être liées aux sources de gaz.



Instruments scientifiques

ExoMars TGM embarque cinq instruments scientifiques développés par des équipes internationales. Quatre de ces instruments sont développés sous la responsabilité américaine et un instrument sous la responsabilité de la Belgique6 :
Le spectromètre infrarouge MATMOS effectue des mesures dans la bande des 2,3-11,8 microns. Il doit détecter les traces de gaz présents dans l'atmosphère et de leurs isotopes.
Le spectromètre ultraviolet NOMAD fonctionne dans les bandes 0,2-0,65 et 2,2-4,3 microns. Il doit détecter les gaz et les isotopes présents dans l'atmosphère. L'instrument est très proche de celui embarqué sur la sonde Venus Express.
Le radiomètre infrarouge EMCS utilise 9 canaux entre 12 et 45 microns pour mesurer la température, la pression, la concentration de poussière, la vapeur d'eau, la glace dans l'atmosphère avec une résolution verticale de 5 km sur une épaisseur de 90 km. L'instrument est pratiquement une copie de l'instrument Mars Climate Sounder de la sonde martienne Mars Reconnaissance Orbiter.
L'imageur MAGIE fournit des images en lumière visible et dans l'ultraviolet destinées à fournir le contexte météorologique. Il doit délivrer 50 cartes par jour de l'atmosphère avec une définition de 4 à 6,4 km par pixel pour les cartes d'ensemble et de 400 mètres par pixel pour des cartes de détail.
L'imageur HiSCI doit fournir des images en couleur. La caméra a une focale de 6,4 mètres.
Déroulement de la mission[modifier]

ExoMars TGO doit être lancé début janvier 2016 par une fusée Atlas V 421 et atteindre Mars environ 9 mois plus tard vers octobre 2016. Trois à cinq jours avant les manœuvres d'insertion en orbite autour de Mars, la sonde doit libérer l'atterrisseur qui effectue une rentrée directe dans l'atmosphère martienne dans le prolongement de la trajectoire hyperbolique de la sonde. Les manœuvres d'insertion en orbite qui suivent sont dans la mesure du possible conçues pour permettre de maintenir la liaison UHF avec l'atterrisseur. La sonde doit s'insérer sur une orbite elliptique autour de Mars d'une période de 4 sols et s'y maintenir durant 8 sols après l'atterrissage pour que l'orbiteur puisse effectuer un passage supplémentaire au-dessus du lieu d'atterrissage. Par la suite ExoMars TGO entame une série de manœuvres à l'aide de sa propulsion pour réduire son apogée et faire passer son inclinaison à 74° et sa période à 1 sol. Les réductions consécutives de son apogée sont effectuées en utilisation la technique de l'aérofreinage c'est à dire en manœuvrant de manière à faire passer l'orbiteur dans les couches denses de l'atmosphère martienne et ainsi ralentir la sonde et réduire son orbite. Cette deuxième phase doit durer de 6 à 9 mois et doit amener la sonde sur une orbite circulaire comprise entre 350 et 420 km optimale pour le recueil des données scientifiques 7.
Le recueil des données scientifiques devrait débuter vers mai 2017 mais cette date dépend de l'efficacité de l'aérofreinage. La durée nominale de la mission scientifique est de une année martienne. A l'issue de cette phase les deux rovers de la mission ExoMars 2018 devraient arriver (début janvier 2019) : la mission prioritaire de l'orbiteur sera, à compter de cette date, de jouer le rôle de relais de télécommunications entre les rovers et la Terre7.

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