vendredi 22 mars 2013

APRES LE BUG INFORMATIQUE


En bref : Curiosity en mode sans échec depuis le 28 février

Depuis son arrivée sur la planète Mars, le rover Curiosity n’avait pas connu de panne significative, jusqu’à mercredi dernier. À l’exception de quelques retards à l’allumage, toutes les servitudes et les instruments scientifiques fonctionnaient normalement. C’est la première fois que le rover de la Nasa est contraint d’arrêter ses recherches.

Le rover Curiosity rencontre sa première panne importante depuis son arrivée en août 2012 sur la planète Mars, alors que tous les voyants étaient au vert. Depuis le 28 février, le rover Curiosity est en mode sans échec. Bien connu des propriétaires de PC, ce mode permet de le faire fonctionner avec un nombre limité de systèmes et d’interrompre le fonctionnement des instruments scientifiques et de sa foreuse. Le contact n’est pas pour autant perdu, mais il se limite au seul transfert de données liées à l’état de santé de Curiosity.

D’après la Nasa, il s'agit d'une saturation de la mémoire Flash de l’ordinateur A qui est à l’origine de cette panne informatique, très certainement provoquée par des radiations cosmiques, mais la cause première reste à déterminer. Les opérations scientifiques sont donc stoppées, le temps que la Nasa règle le problème, ce qui pourrait prendre plusieurs jours. Le système informatique de Curiosity est redondant, de sorte que dès que la panne a été détectée, le rover a basculé sur l’ordinateur B, utilisé lors du transfert entre la Terre et Mars. C’est seulement depuis son atterrissage sur la Planète rouge que Curiosity utilise l’ordinateur A.

Cela dit, la Nasa se dit confiante quant à la capacité des équipes au sol de la mission à restaurer le système, sans perte de données, afin de permettre un retour rapide des activités scientifiques sur Mars. Ce problème a déjà été rencontré sur le rover Spirit de la mission MER, mais il s'est avéré bien plus sérieux en raison de la présence d'un calculateur en boucle, ce qui n'est pas le cas sur Curiosity. Ce qui explique pourquoi le problème est sous contrôle.


REMISE EN ROUTE

Curiosity devrait bientôt reprendre du service, non sans risques

Après le bug informatique qui s’est produit la semaine dernière sur Curiosity, l'ordinateur B permet au rover martien de reprendre peu à peu du service. Mais les scientifiques sont face à un choix : faut-il concentrer son énergie pour réparer l’unité centrale défaillante pour disposer d’un ordinateur de secours, ou bien tout miser sur l’ordinateur B pour poursuivre la mission, au risque de tout perdre en cas de nouvelle panne ?

Curiosity sort peu à peu de sa léthargie. Après avoir été mis en mode sans échec à la suite d’un bug informatique affectant l’ordinateur principal, les scientifiques du Jet Propulsion Laboratory (JPL) commencent progressivement à réveiller le rover martien en activant étape par étape l’ordinateur B, identique en tous points au premier.

Néanmoins, si le robot est désormais repassé en mode actif depuis quelques jours, il n’a pas encore pleinement retrouvé ses fonctions. En effet, l’ordinateur de secours doit être mis à jour sur la position du rover ou celle de son mât par exemple, ce à quoi s’attèlent les chercheurs depuis la Terre, à plus de 300 millions de kilomètres de distance, avec « des progrès encourageants », explique Richard Cook, l’un des spécialistes du projet, dans un communiqué. Si tout se passe comme prévu, Curiosity pourrait reprendre ses investigations dès la semaine prochaine.

Le rover Curiosity est sorti du mode sans échec en fin de semaine passée et retrouve peu à peu ses esprits. Les origines de la panne de l'ordinateur principal restent à déterminer. © Nasa, JPL-Caltech, DP
Faut-il prendre le risque de compromettre la mission de Curiosity ?

Il faut cependant parler au conditionnel. Effectivement, même si l’on sait que la panne concerne la mémoire Flash de l’unité centrale principale, les causes de ce bug restent encore indéterminées. Les rayonnements cosmiques sont pointés du doigt, mais il est trop tôt pour être affirmatif.

L’ordinateur A étant pour l’heure hors service, Curiosity ne dépend que de l’ordinateur de secours. En cas de plantage de ce dernier, c’est toute la suite de la mission scientifique qui tombe à l’eau. Que faire dans ce cas ? Le dilemme auquel sont confrontés les chercheurs de la Nasa est de savoir s’il faut utiliser les ressources de B pour réactiver A et ainsi disposer d’un filet de protection, ou si l’on charge l’ordinateur B de finir la mission au risque de tout perdre.

Quoi qu’il en soit, les manœuvres devront être effectuées rapidement. Au mois d’avril, le rover se mettra temporairement en pause, car comme tous les deux ans environ, le Soleil sera intercalé entre la Terre et Mars, rendant ainsi toute communication impossible entre les deux planètes durant quelques semaines.

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