Le moteur à positrons à la conquête de l’espace ?
Depuis que Futura-Sciences en a parlé dans ses actualités, le moteur à positrons fait un retour en force dans les discussions électroniques. Tout a commencé lorsque ce journal en ligne a relayé la découverte étonnante de physiciens américains, qui grâce au nouveau laser Jupiter, ont pu bombarder une feuille mince d’or et produire ainsi une très forte quantité de positrons. Une technique nouvelle qui relance en partie l’idée d’un moteur à positron !
Le moteur à positrons fait l’objet d’études préliminaires chez les ingénieurs physiciens et spécialistes de la propulsion. Un document pdf anglais est d’ailleurs disponible à ce sujet, et même si les diapositives de cette présentation sont difficiles d’accès pour des néophytes, elles montrent qu’un tel projet est pris très au sérieux par les scientifiques :
Ainsi, l’idée serait de produire assez de positrons pour les faire s’annihiler au contact d’électrons et faire tourner ainsi le moteur. Une méthode des plus radicales puisque lorsque matière et anti-matière s’annihilent, de l’énergie est générée selon l’équation E = mc² !
La NASA et les laboratoires américains sensibles à ce projet prévoient un premier prototype d’ici 30 ans. Un laps de temps assez court qui malheureusement cache une toute autre réalité : beaucoup de contraintes n’ont pas encore été résolues.
Les données les plus optimistes parlent de 4 mg d’anti-matière pour rejoindre Mars en quelques mois seulement. Mais une telle masse nécessite énormément de positrons ! Il faut donc soit stocker l’anti-matière dans des réservoirs, soit la produire en continu.
Si cette anti-matière est produite en continu, par exemple avec un laser, il faudra donc fournir de l’énergie pour le faisceau laser alimentant le moteur à positrons ! Et donc embarquer une source d’énergie puissante à bord du vaisseau. Dans le cas du laser Jupiter, le faisceau atteint des énergies de plus de 100 MeV tout de même…
Supposons que l’anti-matière soit stockée dans des capsules. Comment résoudre ce problème évident : toute matière au contact d’une telle quantité d’anti-matière risque de faire exploser le vaisseau spatial ! Il faut donc isoler l’anti-matière, et là rien n’est sûr. Certains parlent de champs magnétiques (?), mais la solution est-elle encore connue ?
En définitive, la propulsion à positrons progresse sur le plan expérimental, et nous sommes loin des équations théoriques de Dirac sur la physique quantique relativiste et le postulat de l’anti-matière, proposé en 1928 ! Que de chemin parcouru depuis !

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